4 décembre 2016

KröniK | Stoneghost - New Age Of Oldd Ways (2013 / 2015)


Anglais de sang, Stoneghost se veut en revanche clairement américain de coeur, rien ne trahissant chez lui ses racines européennes. Massif et velu, pesant et nerveux, son art sera donc. On pense à son écoute à des groupes comme High On Fire voire - mais dans une moindre mesure - le Mastodon originel, pour faire simple et vous appâter un peu. Comprendre que le quatuor ne fait pas vraiment dans la dentelle ni dans le point de croix, même si sa musique se révèle plus nuancée qu'elle n'en a l'air de prime abord. Malgré sa publication par Mascot Records, "New Age Of Old Ways" n'est pas à proprement parler la nouvelle enclume des Londoniens puisqu'elle a vu le jour une première fois en 2013. Qu'importe au final car cette réédition nous permet de découvrir une formation des plus jouissives à côté de laquelle il aurait été dommage de passer. Si le chant, par trop appuyé, de Jason Smith peut à la longue irriter, quoiqu'il se fonde avec aisance dans ce métal testiculeux, ses compagnons abattent par contre derrière un travail de bûcheron, empilant les riffs de mammouths en colère, érigeant un mur de sons qu'aucune accalmie sirupeuse ne vient jamais fissurer, hormis peut-être le temps de 'Sleeper', (fausse) ballade grondant d'une énergie souterraine et du mid-tempo terminal 'Let Sleeping Beats Lie'. Stoneghost sait pourtant parfois aérer ses compos aux allures de saillies fiévreuses et épidermiques, à grands coups de guitares leads, sources d'une lumière salvatrice, comme l'illustre le final de 'Second To Breathe', longue pulsation pleine de remous. Près de cinquante minutes durant, le groupe maintient ferme une tension rugueuse dont on sort épuisé, lessivé par des coups de boutoir assénés avec une implacable puissance.  De quel genre s'agit-il en fait ? Entre Thrash moderne ('Your Trigger, My Finger'), Stoner Doom terreux ('Faceless Ghost'), "New Age Of Old Ways" livre surtout une bonne dose de Metal pur et dur qui rase tout sur son passage, sans vraiment faire de prisonniers. En cela, cet album sévèrement burné atteint son but, quand bien même il lui manque un peu de folie et tout simplement cette magie qui distingue les bons coups des orgasmes magnifiques, maigre défaut d'une offrande à l'intensité trapue qui sent la bière, la sueur et la poussière. 3/5 (2015)


                                   

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