23 mai 2021

KröniK | Hypnosis - Seeds Of Hate (2006)




Depuis le début des années 90 Hypnosis libère les effluves cybernétiques d’un death metal ultra technique froid et oppressant. Depuis 1999 Hypnosis publie des albums tous plus convaincants les uns que les autres dans une indifférence polie aussi incompréhensible qu’injuste. Le trio présente avec Seeds Of Hate sa quatrième salve. Toujours plus abouti, toujours plus noir, les Français poursuivent le travail entamé avec Shadoworld en le poussant à chaque fois vers des méandres de plus en plus déshumanisées. Seeds Of Hate est une machine implacable à l’œuvre, froide et désincarnée dont seules les interventions claires de la chanteuse-bassiste Cindy en contre-point des grognements gutturaux masculins et les riffs mélodiques bien qu’obsédants (“ Erosion Of Thoughts” notamment) l’éclairent de temps à autre. Etouffants, denses, les titres, souvent longs, ne sont pas toujours aisés à suivre, bien qu’ils soient tous détenteurs d’une mélodie vocale, d’une ligne à la six cordes qui agissent comme une balise et permettent à l’auditeur de se raccrocher au wagon dont les rails s’enfoncent dans les entrailles d’une usine effrayante qui a quelque chose d’un trou noir. Les changements de rythmes abondent, comme sur le terrifiant “ Altered Reality ”, riches de touches modernes et hypnotiques. Paysages d’une urbanité souterraine grouillante, ces pistes labyrinthiques vibrent de pulsations robotiques qui les entraînent parfois aux confins de la transe, à l’image du final désenchanté de “ Seeds Of Fate ”, décharge terminale d’une glaciale beauté. Sans doute l’album est-il un peu trop long, les morceaux peu attachants car trop froid, mais cela est voulu et revendiqué par un groupe qui trace seul son chemin. Moins accessible que Fear Factory (moins américain aussi !), moins industriel que S.U.P, Hypnosis a depuis longtemps coupé le fil d’Ariane qui permettrait à un public plus nombreux de les apprécier. C’est aussi (et surtout !) ce qui fait toute sa valeur. Les artistes originaux sont suffisamment rares pour qu’on les soutiennent comme il se doit. Hypnosis est de ceux-là. (2008) ⍖⍖

Humanoid (2001)
Interview (2010)

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