24 janvier 2020

Alunah | Violet Hour (2019)




Il n'est jamais aisé pour un groupe de faire face au départ de son chanteur (ou de sa chanteuse au cas particulier) et plus encore lorsque la personne démissionnaire à participé à sa formation. C'est l'épreuve que Alunah a donc dû relever après que Sophie Day l'a quitté en 2017 à la suite du pourtant remarquable "Solennial". Que son époux, le guitariste David Day l'ait finalement suivi moins de deux ans après n'est pas vraiment surprenant. Pour moitié renouvelé, le quatuor britannique nous soumet au final un tout nouveau visage en cette fin d'année 2019. Ce qui n'était pas sans nous inquiéter car il était légitime de s'interroger sur sa capacité à survivre au départ de deux de ses membres historiques, et pas des moindres donc. Si le EP "Amber & Gold" (2018), sur lequel figurait encore David, nous avait rassuré quant au potentiel de Siân Greenaway, recrue au charme plus ténébreux que celui de sa devancière, il était permis de se demander si l'actuel Diamond Head, Dean Ashton, pourrait assurer l'autre poste laissé vacant. "Violet Hout" en fournit la réponse. Magistrale.






A son écoute, jamais le fait que le groupe a été amputé de la principale moitié de son line-up ne se remarque. Bien sûr, la nouvelle chanteuse ne possède pas la même voix que Sophie mais son registre cérémonieux ne s'en éloigne finalement guère. Prêtresse fardée d'obscurité, la belle accentue même encore davantage le caractère sentencieux d'une gamme qui, du coup, troque l'atmosphère boisée distillée par "White Hoarhound" et surtout "Awakening The Forest" pour une dimension plus occulte quoique toujours nimbée de mystères, sans pour autant réviser fondamentalement l'identité du groupe dont cette cinquième offrande porte l'incontestable griffe. Ce qui n'empêche pas ce Alunah rénové d'avoir de (bonnes) idées à l'image du final cosmique de 'Hypnotized' ou des couleurs veloutées et jazzy qui jaillissent de 'Velvet'. En terme de qualité, "Violet Hour" n'a absolument pas à rougir de la comparaison avec ses aînés. Trapu, son menu est riche de compositions magnifiques, qu'elles soient directes et franchement accrocheuses ('Dance Of Deceit", 'Trapped & Bound') ou figées dans le substrat d'un doom aussi puissant que solennel ('Unholy Disease'). A ces titres efficaces se greffent les plus étonnants - et plus merveilleux encore - 'Hunt', déambulation tranquille toute en rondeur et ce qui s'impose comme l'apothéose de l'album, 'Lake Of Fire', pièce épique dont les claviers moelleux introduisent une lente progression dramatique qui fournit à Siân Greenaway l'écrin tendre et déchirant. S'il s'inscrit dans le sillage de ses glorieux prédécesseurs, "Violet Hour" n'en marque pas moins pour ses auteurs un nouveau départ. Un second chapitre commence pour les Anglais, que l'on souhaite plus stable d'un point de vue humain et contractuel (cf. les  changement de labels à répétition) tout en demeurant la source précieuse d'un doom onctueux et granitique tout ensemble qui n'appartient qu'à eux.  (23.11.2019) ⍖⍖⍖


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