26 octobre 2022

KröniK | Doodswens - Lichtvrees (2021)




Les femmes font vendre, même dans le black metal. Nul ne s'en plaindra. Encore faut-il deviner que ce sont bien des représentantes du soi disant sexe faible qui hurlent dans la nuit, taillent des plaies froides et béantes dans la chair ou martyrisent les fûts ! Mais Doodswens est bien un duo 100% féminin. Et s'il parait évident que sans ses attributs féminins, le groupe ne bénéficierait certainement ni de la même exposition ni de la même curiosité de la part de son auditoire, force est de reconnaître qu'il doit être pris au sérieux. Car finalement, le fait que ce soit deux filles, Fraukje van Burg (chant, guitares) et Inge van der Zon (batterie), qui l'animent, importe peu. L'essentiel se trouve ailleurs, niché dans les replis intimes de cet art noir sinistre et glacial, dont l'origine géographique - les Pays-Bas - se montre plus révélateur du contenu de Lichtvrees que le sexe de ses créatrices. Ainsi, ce premier méfait porte les stigmates de cette chapelle hollandaise, engourdie par une froide sévérité. Apre et morbide, austère et nocturne, tels sont les qualificatifs qui s'accrochent à ce black metal orthodoxe sans affèteries aucunes. Reste qu'en dépit de sa courte durée, d'une ambiance mortuaire et d'une entame haineuse à souhait ('In Mijn Bloed'), ce galop d'essai ne s'enfonce pourtant pas autant que prévu - ou souhaité - dans une noirceur agressive. 

Certaines compositions épousent une trame étirée, galopant au-delà des sept minutes au compteur tandis que de nombreux aplats mélodiques viennent les adoucir quelque peu, comme en témoignent 'Zwarte Staar' ou 'Het Zwartewaterland' que pilonne toutefois en fin de parcours une fiévreuse accélération. D'autres titres paraissent en outre superflus, eu égard à un menu qui ne franchit que de peu la demi-heure de musique. De fait, trois pistes instrumentales (sur un total de huit) semblent exagérées sinon inutiles. Et en définitive, c'est bien lorsqu'elles ne serrent pas le frein à main ou quand elles écartent les lèvres d'une décrépitudes lancinantes ('Lichtvrees') que les deux bataves se révèlent les plus impériales. Les plus convaincantes aussi. A l'arrivée, Doodswens accouche d'un premier méfait plus accessible que ce que sa vitrine annonçait, crypte d'un black metal plus lent et sinueux que rapide et brutal quand bien même Lichtvrees trempe dans les ténèbres abruptes et sévères des paysages brumeux qui l'ont vu naître. Mais à l'avenir, les Hollandaises seraient sans doute inspirées de cultiver les aspects les plus noirs et haineux de leur personnalité, futur rendu toutefois incertain depuis que le groupe a été amputée de sa chanteuse et guitariste partie. Pour celui-ci, un nouveau chapitre commence que nous suivrons avec intérêt...  (22.01.2022 | LHN) ⍖⍖

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