15 mai 2022

KröniK | Porcupine Tree - On The Sunday Of Life... (1992)




A l'instar d'autres musiciens - producteurs tels que Devin Townsend, Dan Swanö ou Markus Stock, l'anglais Steven Wilson est un stakhanoviste de la création ; un seul groupe ne peut pas lui suffire. C'est pourquoi, en plus de No-Man, combo de rock progressif intimiste et émotionnel dont il est une des deux têtes pensantes, il a de fait très tôt multiplié les projets afin d'assouvir sa soif d'expérimentation. Au départ, bien loin du succès qu'il rencontre aujourd'hui, Porcupine Tree ne se limite qu'à un laboratoire artistique. Ce qui explique le caractère un peu bricolé et hétérogène de cette séminale galette. 

Enregistré entre 1988 et 1991 par un Steven encore tout jeune et seul aux manettes, On The Sunday Of Life... ne ressemble que d'une manière très très lointaine à ce que le groupe propose aujourd'hui. Point ici de metal ou de progressif racé et froid, mais un style hybride et difficile à qualifier. Seule la mélancolie coutumière du chanteur enveloppe déjà la majorité  des 18 morceaux composant ce premier essai. On sent que le guitariste, déjà aguerri néanmoins, se cherche encore (ce qui est bien normal au début d'une carrière). En toute logique, l'impression générale s'avère en définitive mitigée, l'excellent côtoyant l'anecdotique. 


Dans la première catégorie, citons "Jupiter Island", "The Nostalgia Factory", le futur classique "Radioactive Toy", "Nine Cats" , le court instrumental "Begonia Seduction Scene" et surtout le superbe "It Will Rain For A Million years" (le plus proche de ce que le groupe produira par la suite), conduit par une guitare déchirante et suintant une tristesse infinie, dans la seconde, une poignée de ritournelles qui lorgnent vers une pop mollassonne et peu enthousiasmante ("Linton Samuel Dawson", "And The Swallows Dance Above The Sun") et quelques interludes inutiles ("Hymn"). 

Que de chemin parcouru depuis ses premiers pas jusqu'aux titanesques In Absentia et Deadwing ! Toutefois, bien que maladroit, On The Sunday Of Life... souligne déjà l'énorme potentiel d'un musicien dont le talent de composition, perceptible à certains moments, ne demande, tel un diamant, qu'à être extrait de sa gangue. Ce qu'il ne tardera pas à faire lorsque Steven Wilson décidera de conférer à Porcupine Tree, une dimension plus professionnelle et plus ambitieuse, en choisissant de s'entourer d'un vrai groupe à partir de The Sky Moves Sideways. (6 février 2007) ⍖⍖

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire