16 janvier 2022

KröniK | Lacuna Coil - In A Reverie (1999)




Sans forcément aller jusqu’à dire que cette première offrande longue durée des Italiens était attendue comme le messie, il n’en demeure pas moins que nombreux sont ceux qui n’en pouvaient plus de patienter. Car le EP éponyme publié deux ans plus tôt nous avait mis en appétit. L’attente était grande donc, d’autant plus que la formation par qui tout avait commencée, The Gathering, entamait alors sa mue, la voyant s’éloigner des rivages du gothic metal pour accoster les terres d’un metal atmosphérique encore plus beau (mais cela est une autre histoire). 

Le trône vient de se libérer et Lacuna Coil apparaît alors comme le plus sérieux prétendant pour l’occuper désormais, comme l’illustre In A Reverie, édité par Century Media (label des Hollandais) et produit par Waldemar Sorychta (qui a travaillé sur le matriciel Mandilyon de qui vous savez !). La grande force du groupe transalpin demeure sa capacité à graver des chansons toutes imparables, courtes et efficaces, hymnes instantanés à même d’être repris en cœur durant les festivals agglomérant des chevelus par milliers pour qui la séduisante Cristina est la nouvelle metal queen. 



De « The Circle » au puissant « Cold », illuminé par le chant presque désespéré de la belle, de l’énergique « My Wings » au superbe To My Selfe I Turned », d’où s’échappe des vibrations d’une grande tristesse, l’inspiration ne faiblit à aucun moment, emportée par un  souffle d’émotions (« Veins Of Glass », surtout), dont le vecteur reste cette voix féminine absolument irrésistible. Et tant pis si le chant masculin arrime trop la musique de Lacuna Coil à celle de sa principale influence, Paradise Lost – c’est flagrant sur les néanmoins excellents « Reverie », dont les riffs semblent évadés d’Icon et « Honeymoon Suite » -, c’est suffisamment bien fait pour emporter l’adhésion. 

Alors certes, In A Reverie ne possède ni la dimension presque mythologique de Mandilyon ni la puissance émotionnelle et atmosphérique de Nighttime Birds de The Gathering, la faute sans doute à des compositions moins élaborées et aux lignes vocales de Andrea qui tendent à affadir la beauté apportée par l’organe de la jeune femme, il s’impose malgré tout comme un très bon cru, à la hauteur des espoirs que sa mise en bouche avait suscité. (01.12.2007) ⍖⍖⍖

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