17 mars 2021

KröniK | Crucifixion - Desert Of Shattered Hopes / A Cold Sea Of Horror (2020)




Crucifixion n'aura connu que huit années d'existence, entre 1990 et 1998, le temps pour lui de graver deux démos et autant d'albums. Quantitativement, le bilan est maigre et ses membres ont depuis rejoint l'anonymat comme si le groupe n'avait représenté pour eux qu'une parenthèse. De fait, nombreux sont ceux à avoir oublié cette formation qui, comme bien d'autres, a barboté dans le death metal à une époque où tout restait (presque) encore faire mais sans compter parmi les élus du genre. La Caverna Records, label underground installé à Bogota, lui, ne l'a pas oublié. Et grâce à son travail, Crucifixion vient se rappeler au bon souvenir des rares qui l'ont connu alors qu'il besognait encore et, pour les autres, la majorité, constitue une découverte méritée. Par le biais d'abord de la réédition de Paths Less Taken (1998), second et dernier effort du combo texan, auquel a été agrégée la démo de 1996, Raising The Dead, et aujourd'hui en offrant une nouvelle jeunesse à Desert Of Shattered Hopes lui aussi complété par une démo, l'historique A Cold Sea Of Horror. Capturé entre décembre 1992 et février 1993, publié à l'origine par Mauseleum Records, ce premier album est encore une fois, à l'instar de son successeur, une bonne pioche, laquelle allie technique et ambiance oppressante, mélodie et brutalité viciée ('Descendants Thereafter' et ses guitares brillant d'une magnificence noire). Des couleurs très dark tapissent l'ensemble qui a quelque chose de boyaux noueux conduisant dans les arcanes ténébreuses de la terre. Décidemment, les Américains s'y entendent pour édifier un monde des abysses, domaine de la mort et de créatures diaboliques (le pesant et quasi doom 'Sick Are The Shadow Of Reality'). Recouvert de miasmes crouteuses, l'opus possède des allures de bloc que scinde le superbe instrumental 'Remembering The Dead', respiration acoustique que minent néanmoins d'immenses regrets, manière de reprendre son souffle avant l'excavation dans les Enfers incarnée par la seconde moitié de l'écoute, à l'image de l'implacable 'Tomorrow Is The End', hanté par le chant de Danny Martinez au souffle méphitique. Au bout  de ce chemin tortueux, se dresse le bestial et incisif 'Woods For The Suicides', conclusion aux remugles de cauchemar, à laquelle succèdent  les vingt-trois minutes de A Cold Sea Of Horror. Sculptée en 1991, cette démo se veut ainsi le (rare) premier signe de mort des Américains qui, en cinq titres dont l'énorme morceau éponyme, fixent déjà le socle de leur death metal dont la technicité tentaculaire se conjugue à la brume funèbre de caveaux cyclopéens. Grâce à La Caverna Records, l'intégralité de la discographie de Crucifixion est enfin réunie et à la portée de toutes les oreilles sensibles à un metal de la mort authentique, accouplant l'habileté rugueuse de l'école américaine aux atmosphères evil et caverneuses latines. (24.10.2020 | LHN) ⍖⍖


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