11 septembre 2020

Thundermother | Heat Wave (2020)




Si AC/DC avait décidé de changer de sexe, il pourrait s’appeler Thundermother. Certes, vouloir faire de ces tigresses suédoises une simple version féminine de nos kangourous préférés s’avère réducteur – elles méritent mieux que cela – mais le fait est qu’il semble bien difficile de ne pas songer aux Australiens après avoir glissé une de leurs rondelles dans la fente de notre chaîne hi-fi ! Une énergie identique, un penchant ad hoc pour les mélodies simples et accrocheuses et une guitariste branchée directement sur du 220 volts justifient notamment cette filiation. Mais ce n’est pas là la seule influence que les Scandinaves revendiquent puisque Motörhead, le rock des années 70 ou le blues rock remplissent également leur bustier.

Si "Thundermother" sonnait comme un nouveau départ pour le groupe de Filipa Nässil qui avait dû peu avant remplacer au pied levé les 4/5ème de son équipage, c’est une formation soudée et, on l’espère, durablement fixée qui revient cette fois-ci deux ans plus tard avec ce cinquième album très attendu. Cette stabilité retrouvée trouve son illustration la plus évidente dans le fait que, pour la première fois, l’ensemble du combo a participé à l’écriture de "Heat Wave".




Si, bénéficiant de la main magique du producteur danois Soren Andersen (Mike Tramp, Glenn Hughes), la musique bétonnée par les cousines suédoises des Barbe-Q-Barbies ne se voit pas révolutionnée par cette collégialité inédite, au moins celle-ci dicte un menu plus solide que jamais. L’ombre de la bande d’Angus Young couvre bien entendu toujours nos furieuses damoiselles. ‘Free Ourselves’ et ses morsures typiquement AC/DCiennes, ‘Ghosts' et surtout ‘Driving In Style’ dont le titre résonne comme une profession de foi, ne sauraient nous tromper.

Mais des atours à la fois plus sophistiqués (plus doux diront peut-être certains) et rampants distinguent leurs compositions de celles de leurs aînés des antipodes. Nos sémillantes jeunes femmes aiment bien serrer le manche du frein à main (‘Dog From Hell’, ‘Heat Wave’, ‘Bad Habits’). Se lover tendrement les intéresse moins en revanche et seule la ballade ‘Sleep’ les voient rentrer leurs griffes. Tout sauf mielleuse, cette respiration confirme qu’elles ont également une jambe plantée dans le sol américain. Le chant chaud et puissant de Guernica Mancina n’est pas étranger à cet ancrage dans le hard US et les Bayous d’un blues couillu, comme l’illustrent les chaloupés ‘Mexico’ et ‘Purple Sky’. Les saillies remuantes n’ont toutefois pas déserté le logiciel de Thundermother. Le fédérateur ‘Loud And Alive’ ou le speed ‘Into The Mud’ viennent nous le rappeler de la plus efficace des manières, émaillant un menu que le ravissant quatuor a souhaité malgré tout plus nuancé.

Le résultat est une offrande dont le socle mid-tempo draine une énergie toujours aussi contagieuse, fruit d’un vrai travail de groupe qui permet aux Suédoises de grimper un étage. Reste qu’on devine que le point G n’est pas encore atteint et que les belles en ont encore sous la semelle, ce qui laisse présager des lendemains plus jouissifs encore… (28.05.2020 | MW) ⍖⍖⍖


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