27 mars 2010

KröniK | Artesia - Llydaw (2009)




Une voix féminine éthérée, feutrée, presque spectrale, chant aérien, lointain, un écho fantomatique. La présence d’un violon emprunt de gravité qui vient souligner la tristesse de ces lignes vocales comme échappées d’un monde irréel, mystérieux et magique plutôt que féerique. Des nappes de claviers qui enveloppent de son linceul sombre et mortuaire une musique propice au recueillement. Quelques accords égrenés par une guitare doucereuse et discrète terminent de planter le décor, un décor tout en nuances de touches, évanescent, vaporeux, une brise enchanteresse que l’on ne parvient jamais à saisir. Il y a une telle pureté, une telle noblesse dans les ambiances que peint Artesia, projet guidée par la talentueuse et jolie Agathe dans une veine proche de Dark Sanctuary et d’Arcana qu’il semble bien difficile de résister à cette palette d’émotions diaphanes qui tapissent ces chansons. Certains l’ont découvert par le prisme de Belenos dont on croise ici Loic Cellier en charge des guitares, des percussions, de quelques intermèdes instrumentaux (« Lande sauvage », Sous la pierre brisée ») de toute beauté et de la production. Amoureux de Brocéliande et des paysages sauvages que seule la Bretagne peut offrir, il a trouvé chez Artesia une musique selon son âme. 


Llydaw est la troisième offrande de la formation après Hilvern et Chants d’automne. Il est un recueil de huit mélopées qui sont autant de caresses funéraires et lumineuses à la fois, déambulations oniriques dans une forêt où règnent les légendes et les esprits. Alors bien entendu, on est ici à des années-lumière du metal, genre avec lequel le groupe partage néanmoins ce goût pour les ambiances mélancoliques mais ceux qui recherchent une musique qui élève l’âme, une trame introspective, devraient être séduit par cet album très féminin des plus réussis, idéal pour emplir l’espace nocturne d’une soirée automnale solitaire et auquel on reprochera seulement d’être un peu trop court. Car combien nous aurions aimé que le plaisir se prolonge bien au-delà d’une petite quarantaine de minutes… Un (léger) goût de trop peu donc, quand bien même Llydaw ne saurait être critiqué, qu’il s’agisse de l’interprétation ou d’une écriture qui donne à évoquer les sentiments des romantiques allemands du XIXème siècle. Si Dark Sanctuary a quelque chose d’un Baudelaire musical, Artesia est presque l’expression sonore des peintures de Caspar David Friedrich. Une comparaison qui n’engage que moi mais ce sont là les images qui me viennent à l’écoute de ce souffle poétique. (2009 | MW) ⍖⍖⍖

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