19 juillet 2009

KröniK | Brocken Moon - Das Märchen Vom Schnee (2008)




Décidément, on finit toujours par se faire avoir. Prenez par exemple Das Märchen Vom Schnee, second méfait de Brocken Moon, avec sa pochette des bois en noir et gris (stylisée toute de même), la forêt, les loups, les thèmes de la nature, de la solitude, du désespoir comme combustible : encore un de ses médiocres groupuscules polluant le true-black, voilà ce que l’on se dit au moment d’introduire dans la fente béante la rondelle en question. Encore une fois, on s’est donc trompé. Cet obscur groupe germanique mérite bien mieux que les clichés qu’il semble collectionner. Déjà, le fait qu’il soit signé chez Northern Silence (Haïve, Belenos…) aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Intègre, ce label n’a pas pour habitude de soutenir des suiveurs sans intérêt. Subdivisé en six plages dépourvues de nom qui s’enchaînent les unes aux autres, l’album impose donc d’être appréhendé dans sa globalité. Souvent instrumental, bien que parfois accompagné d’un chant en allemand écorché, Das Märchen Vom Schnee arpente le caveau du true-black, dont le groupe possède tous les apparats, sans néanmoins oublier de lui injecter une touche plus personnelle. 


Loin de patauger dans une fange répétitive stérile et facile qui forme bien souvent le substrat de nombre de hordes du même genre, ce qui d’ailleurs leur permet de camoufler leur médiocrité, Brocken Moon propose une musique plus élaborée qui maîtrise la science des cassures rythmiques. Les accélérations typiquement black-métal n’hésitent pas à copuler avec des pans acoustiques à la Ulver, tandis que des rythmes lancinants et hypnotiques viennent régulièrement perturber cette dynamique. De même, le groupe n’a pas peur d’achever son périple par une (très) longue piste instrumentale, laquelle s’enchaîne en un superbe fondu au titre précédent, et qui repose sur la répétition infinie de quelques accords de guitare que drapent des nappes de claviers atmosphériques durant plus de 20 minutes, exercice casse-gueule au possible qui voit les Allemands jouer aux équilibristes sur une ligne ténue séparant le génie de la fumisterie. A vous de voir. Mais heureux sont ceux qui se laisseront prendre au piège de cette complainte au mysticisme puissant, introspective et minimaliste, belle à en pleurer. Durant ces interminables minutes égrenées avec un sens de la tristesse et de la souffrance profond, le groupe touche à l’absolu. Fort depuis 1999 d’une poignée de démos et d’un premier jet, Mondfinsternis, Brocken Moon vient de démontrer que la chapelle à laquelle il appartient n’a pas encore tout dit, que le true-black, en dépit d’invariants aux allures de boulet n’est pas un genre si figé qu’il n’y paraît, à condition d’être honoré par des musiciens inspirés, comme c’est le cas des Germaniques. Une bonne pioche dans le genre ! (2009 | MW)

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